Les consommateurs utilisent déjà l’intelligence artificielle pour découvrir et évaluer des produits, et la prochaine évolution du commerce se profile rapidement : les achats autonomes réalisés par des agents intelligents. C’est pourquoi nous faisons le point sur les deux standards émergents au cœur du commerce agentique, en expliquant leur fonctionnement, leurs enjeux et ce que leur montée en puissance implique pour les marques.
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Depuis des décennies, le E-Commerce repose sur des comportements humains : naviguer sur des sites web, comparer des produits, lire des avis et finaliser des achats manuellement. Mais l’essor de l’intelligence artificielle transforme profondément ce fonctionnement. De plus en plus de consommateurs se tournent vers des assistants IA et des modèles de langage (LLM) pour découvrir, évaluer et, demain, acheter des produits.
Aujourd’hui, 37% des consommateurs commencent leurs recherches sur des LLM plutôt que sur des moteurs de recherche traditionnels comme Google. Le principal frein restant concerne la confiance au moment de l’achat. Actuellement, 58% des consommateurs utilisent l’IA pour rechercher des produits, mais seulement 17% lui font confiance pour effectuer des achats à leur place. Cet écart se réduira progressivement, et lorsque ce sera le cas, les marques devront faire face à une réalité simple : devenir lisibles et accessibles pour les agents IA ou risquer de devenir invisibles.
C’est là qu’intervient le commerce agentique.
Le commerce agentique désigne un modèle dans lequel des agents IA peuvent rechercher, comparer, recommander et même acheter des produits de manière autonome pour le compte des consommateurs. Plutôt que de naviguer eux-mêmes sur des sites web, les utilisateurs délégueront de plus en plus ces actions à des agents intelligents. Concrètement, cela a une conséquence majeure : l’IA n’interprète pas votre marque et n’est pas sensible aux expériences E-Commerce visuellement sophistiquées. Ce qui compte pour elle, ce sont vos données. Si vos informations produits sont fragmentées, incohérentes ou incomplètes, les agents IA auront du mal à comprendre vos produits et pourraient tout simplement ignorer votre marque.
La bonne nouvelle, c’est que le commerce agentique ne remplacera pas le E-Commerce du jour au lendemain, si tant est qu’il le remplace un jour complètement. Il émergera plutôt comme un nouveau canal commercial, fondé sur des interactions entre machines plutôt que sur la navigation humaine.
La question que les marques doivent se poser dès maintenant est simple : lorsque l’IA deviendra l’acheteur, vous choisira-t-elle ?
Pour répondre à cette question, il faut d’abord comprendre l’infrastructure qui soutient cette transformation. Le commerce agentique ne repose pas uniquement sur l’IA. Il dépend aussi des protocoles et standards qui permettent aux agents IA, aux retailers, aux systèmes de paiement et aux plateformes de communiquer entre eux de manière sécurisée et en temps réel.
Ces nouveaux frameworks définiront la façon dont les produits seront découverts, évalués et finalement achetés à l’ère du commerce autonome.
À la base du commerce agentique se trouvent des protocoles qui permettent aux systèmes de communiquer entre eux en temps réel. Un protocole de commerce agentique est un framework standardisé qui permet aux agents IA de découvrir, d’interagir avec et de réaliser des transactions auprès de retailers ou de prestataires de services pour le compte des utilisateurs. Ces protocoles prennent en charge des parcours d’achat autonomes, de la découverte produit jusqu’au paiement.
En termes simples, ces protocoles définissent les “règles d’interaction” entre les marchands et les agents IA. Sans standards communs, chaque assistant IA devrait disposer d’intégrations spécifiques pour chaque retailer, fournisseur de paiement, système de gestion des stocks ou plateforme E-Commerce. À grande échelle, le commerce agentique deviendrait alors quasiment impossible.
Si chaque agent doit disposer d’une intégration spécifique avec chaque retailer, alors le commerce agentique est condamné avant même d’exister. Sans protocoles partagés, il n’y a pas d’échelle possible, seulement du chaos.
Des protocoles comme Universal Commerce Protocol (UCP) et Agentic Commerce Protocol (ACP) cherchent précisément à résoudre ce problème en créant des frameworks d’interopérabilité communs. Même si les deux protocoles visent à soutenir des expériences commerciales pilotées par l’IA, leur vision de l’avenir diffère fortement.
Universal Commerce Protocol (UCP) adopte une philosophie de web ouvert. Dans ce modèle, tout marchand et tout agent IA peuvent participer à condition de respecter les standards du protocole. Stratégiquement, UCP vise à préserver l’ouverture du web tout en permettant des expériences commerciales pensées pour l’IA. Les marchands conservent le contrôle de leur expérience de paiement, de leur logique tarifaire et de leurs interactions clients. Ils restent également visibles dans les moteurs de recherche et accessibles à un large écosystème d’assistants IA et de services.
Au cœur de UCP se trouve le fichier manifest. Chaque marchand compatible UCP publie un fichier lisible par les machines qui décrit ses capacités. Ce fichier agit comme un annuaire pour les agents IA, en leur indiquant comment interagir avec les systèmes back-end du marchand et quels outils ou API sont disponibles pour réaliser certaines actions.
Par exemple, un agent IA peut utiliser le manifest d’un marchand pour :
C’est la vision portée par UCP. Dans la pratique aujourd’hui, les informations produits transitent principalement via Google Merchant Center vers Google, ce qui reste une approche basée sur des flux, assez proche du fonctionnement d’ACP. Cela dit, le protocole évolue rapidement. Avec l’arrivée de nouvelles fonctionnalités comme Catalog, annoncée en mars 2026, UCP commence à prendre en charge des interactions conversationnelles et en temps réel entre les agents IA et les systèmes des marchands.
Cela ouvre la voie à des cas d’usage beaucoup plus avancés, notamment :
L’un des points forts d’UCP réside dans sa flexibilité. Les marchands peuvent commencer avec une configuration relativement simple basée sur des flux, puis évoluer progressivement vers des intégrations temps réel plus avancées à mesure que leur infrastructure mûrit.
Il est également important de noter que l’écosystème UCP gagne en traction. Google a récemment annoncé que des plateformes majeures comme Commerce Inc, Salesforce et Stripe intégreront UCP, signe d’un soutien croissant de l’industrie et d’un potentiel d’adoption plus large.
Agentic Commerce Protocol (ACP) est l’approche alternative, davantage orientée “marketplace”. Contrairement à la philosophie de web ouvert portée par UCP, ACP fonctionne davantage comme un modèle plateforme. Les marchands doivent explicitement s’enregistrer ou s’intégrer à des endpoints ACP spécifiques (maintenus par des partenaires comme Stripe pour le paiement) afin d’être accessibles. L’objectif est de privilégier une expérience utilisateur très contrôlée et homogène plutôt qu’une large découvrabilité sur le web ouvert.
Pour simplifier la participation des marchands, Stripe a créé l’Agentic Commerce Suite, qui agit comme une couche d’agrégation pour les flux produits ACP. Au lieu de soumettre des flux distincts à chaque plateforme IA, les marchands peuvent envoyer un flux unique à Stripe, qui le redistribue ensuite vers des plateformes compatibles comme ChatGPT, Microsoft Copilot et d’autres environnements ACP. Cette approche réduit considérablement la complexité d’intégration pour les marchands tout en permettant aux plateformes IA de maintenir des expériences produits plus standardisées.
Plusieurs exemples de commerce de type ACP commencent déjà à émerger.
Les enjeux liés à la confiance, à la responsabilité, à la prévention de la fraude et à l’acceptation des consommateurs demeurent des freins importants. Les consommateurs peuvent être à l’aise avec des recommandations générées par l’IA, mais déléguer complètement un acte d’achat représente une étape psychologique bien plus importante.
Malgré cela, ACP montre comment des écosystèmes centrés sur des plateformes pourraient évoluer vers des environnements commerciaux très encadrés, où les assistants IA gèrent directement une grande partie du parcours client.

Il est encore beaucoup trop tôt pour savoir si ACP ou UCP s’imposera comme standard dominant. Les deux protocoles en sont encore aux premières phases de développement, leur adoption reste limitée et leurs implémentations évoluent rapidement. L’histoire montre que les standards technologiques ne s’imposent que rarement grâce à leur seule supériorité technique. Le succès dépend généralement davantage de l’adoption, de la puissance de l’écosystème et de la distribution. Un protocole techniquement élégant mais peu adopté aura peu d’influence. À l’inverse, un standard plus simple soutenu par de grandes plateformes peut rapidement devenir la base d’une industrie entière.
L’avenir du commerce agentique dépendra probablement moins de la qualité des protocoles eux-mêmes que des écosystèmes capables de convaincre consommateurs, marchands, fournisseurs d’IA et plateformes de paiement. Pour les marques, le principal enseignement est simple : n’attendez pas qu’un vainqueur se dégage pour vous préparer.
Quelle que soit l’issue de cette compétition entre protocoles, les marques peuvent agir dès maintenant pour préparer l’avenir du commerce piloté par l’IA.
Les agents IA dépendent entièrement de la qualité des données. Des descriptions incomplètes, des attributs incohérents, des spécifications manquantes ou des taxonomies mal structurées compliquent la compréhension et la recommandation des produits par les systèmes IA. Les marques doivent donc se concentrer sur des informations produits propres, enrichies, standardisées et lisibles par les machines sur l’ensemble des canaux.
Les futurs écosystèmes commerciaux dépendront de la capacité des systèmes à communiquer entre eux de manière fluide. Les marques doivent évaluer si leur infrastructure E-Commerce actuelle prend en charge les API, les échanges de données en temps réel et des intégrations suffisamment flexibles pour évoluer avec les nouveaux protocoles.
Les agents IA ont besoin de plus que de simples titres produits et prix. Des métadonnées riches, des spécifications détaillées, des informations de compatibilité, des données liées à la durabilité, des signaux issus des avis clients et des attributs contextuels influenceront de plus en plus la manière dont les produits seront classés et recommandés par les systèmes IA.
Les consommateurs continueront à naviguer sur des sites web pendant encore de nombreuses années. Mais progressivement, les agents IA joueront le rôle d’intermédiaires entre les clients et les marques. La découverte, l’évaluation, la comparaison et même les décisions d’achat évolueront vers des interactions pilotées par les machines.
Des protocoles comme ACP et UCP posent déjà aujourd’hui les bases de cette transformation.
Certains écosystèmes privilégieront l’ouverture et l’interopérabilité. D’autres miseront sur des expériences plateformes très contrôlées. Ces deux modèles pourraient coexister pendant longtemps, comme c’est déjà le cas entre marketplaces et commerce sur le web ouvert.
Mais quel que soit le standard qui finira par s’imposer, une chose devient de plus en plus claire : l’avenir du commerce dépendra autant de ce que les agents IA peuvent interpréter et comprendre que de ce qui séduit les acheteurs humains.
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